samedi 28 mai 2016




Texte :
Le lendemain vendredi, mon père rentra déjeuner selon sa coutume. Il portait une djellaba de laine boutonnée d'une éblouissante blancheur et un turban neuf, tout raide d'apprêt.
Le repas fut servi par ma mère. Le menu était particulièrement soigné. Nous mangeâmes du mouton aux artichauts sauvages, du couscous au sucre et à la cannelle et pour finir une délicieuse salade d'oranges à l'huile d'olive.
Nous sirotâmes de nombreux verres de thé à la menthe. Au centre du plateau, deux roses d'Ispahan s'épanouissaient dans une Vieille tasse de porcelaine.
Ma mère soupira. Elle s'adressa à mon père :
- Le sort se montre parfois bien cruel. Pauvres et riches, bons et méchants sont à la merci de ses revers. J'ai bien du chagrin ! Je pense à Lalla Aïcha et mon cœur saigne. Je n’ai pas voulu t’ennuyer hier soir avec les tristes événements qui se sont déroulés dans la journée.
Mon père prêta une oreille attentive. Elle poursuivit :
- Moulay Larbi, le mari de Lalla Aïcha, s'est disputé avec son associé, un certain Abdelkader fils de je ne sais qui …
Elle leva les yeux au plafond pour invoquer :
- Dieu écarte de notre chemin, de celui de nos enfants et les enfants de nos enfants, tous les fils du péché qui se présentent le sourire aux lèvres et la poitrine pleine de ténèbres. Sois notre protecteur et notre mandataire : Amine ! Cet Abdelkader, ce fils de l'adultère, ce disciple de Satan ne possédait pas une chemise propre quand. Moulay Larbi le prit comme ouvrier dans son atelier à Mechatine. Il le traita avec bienveillance, lui prêta de l'argent, le reçut souvent à déjeuner ou à dîner. Abdelkader se montrait poli et même obséquieux. Il chantait les mérites de Moulay Larbi, louait sa générosité, son bon caractère et la noblesse de ses sentiments. Tous les deux travaillaient beaucoup. Les babouches brodées jouissent auprès des femmes de Fès d'un grand succès. La production de Moulay Larbi et de son ouvrier avait bonne réputation. Abdelkader songea à se marier .Moulay Larbi l'encouragea dans cette voie et Lalla Aïcha lui trouva une jeune fille digne d'éloges. Les mariages coûtent toujours très cher. Malgré ses nuits de veille, Abdelkader n’avait pas su économiser. Il se trouva assez gêné lorsqu'il fallut une dot à sa fiancée. Il eut recours à son patron. Moulay Larbi réussit à assembler quatre-vingts rials. Il les lui versa sans méfiance. Il commit la faute de lui avancer cet argent sans établir de papier de reconnaissance de dette. Pour permettre à Abdelkader de gagner davantage, il l'associa à son affaire.
- Sais-tu comment ce fils du péché l'a remercié de ses bienfaits ?
Mon père ne savait pas.
Ma mère ne lui laissa d'ailleurs pas le temps de répondre …

                            I.            ÉTUDE DE TEXTE : (10 points)
1)   Recopier et compléter le tableau suivant. (0.25 x 4)
Titre de l’œuvre
Genre littéraire
Personnage principal
Auteur





2)  Situez ce passage dans l’œuvre en choisissant l’une des trois propositions suivantes : (1 pt)
a.    Juste après la visite de Lalla Aïcha et de Lalla Zoubida à Sidi Ali Boughaleb.
b.   Juste après le retour de Maâlem Abdeslam et de Sidi Mohamed de chez le coiffeur.
c.    Juste après la visite rendue par Lalla Zoubida à Lalla Aïcha, chez elle, à Zankat Hajjama.

3)   a- Quelle expression dans le texte montre que Maâlem Abdeslam déjeune chaque vendredi chez lui ? (0,5 pt)
 b- De quoi se composait le menu du repas de ce vendredi ? (0,5 pt)
 c- Pourquoi ce menu était particulièrement soigné ? (0,5 pt)

4)  Lalla Zoubida fait plusieurs reproches à Moulay Larbi. Citez-en deux. (0,5 pt x 2)

5)  Quelle est la tonalité dominante (registre littéraire) dans le passage qui va : - de : « Dieu écarte de notre chemin................à : il l’associa à son affaire. » ? (0,5 pt x 2)
- Choisissez la bonne réponse parmi les propositions suivantes et justifiez-la :
a) Comique ; b) Satirique ; c) Épique.

6)  – « Ma mère ne lui laissa d'ailleurs pas le temps de répondre. », cet énoncé veut-il dire que :
a.    La mère du narrateur interdit à son mari de parler,
b.   Elle n’attendait pas de réponse de la part de son mari,
c.    Le mari ne s’intéressait pas du tout à ce que racontait sa femme. (0,5 pt)

7)   - « Je n’ai pas voulu t’ennuyer hier soir. »
- Cet énoncé fait-il partie du récit ou du discours ? Justifiez par deux indices. (0,5 pt x 2)

8)  « Je pense à Lalla Aïcha et mon cœur saigne. »
a.    Quelle figure de style comporte cet énoncé ? (0,5 pt)
b.    Que nous permet-elle d’apprendre sur le personnage de Lalla Zoubida ? (0,5 pt)

9)   Selon vous, quel jugement Maâlem Abdeslam pourrait-il porter sur sa femme Lalla Zoubida, après son récit agressif ? Pourquoi ? (0,5 pt x 2)

10)  Partagez-vous le jugement sévère de Lalla Zoubida à l’égard d’Abdelkader ? Justifiez votre point de vue. (0,5 pt x 2)

                        II.            PRODUCTION ÉCRITE : (10 points)
Sujet :
La bonté, la solidarité et la générosité sont des valeurs nobles dans la société. Pourtant, il arrive qu’elles soient mal récompensées comme c’est le cas d’Abdelkader avec Moulay Larbi, son patron.
Pensez-vous que ce comportement soit une raison suffisante pour refuser toute aide à autrui (aux autres) ?
Justifiez votre point de vue par des arguments et des exemples pertinents.


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