jeudi 26 mai 2016

Évaluation
Texte:
Antigone, doucement
Moi aussi j’aurais bien voulu ne pas mourir.
Ismène:             Ecoute, j’ai bien réfléchi toute la nuit. Je suis l’aînée. Je réfléchis plus que toi. Toi, c’est ce qui te passe par la   tête tout de suite, et tant pis si c’est une bêtise. Moi, je suis plus pondérée. Je réfléchis.
Antigone: Il y a des fois où il ne faut pas trop réfléchir.
Ismène: Si, Antigone. D’abord c’est horrible, bien sûr, et j’ai pitié moi aussi de mon frère, mais je comprends un peu notre oncle.
Antigone: Moi je ne veux pas comprendre un peu.
Ismène: Il est le roi, il faut qu’il donne l’exemple.
Antigone: Moi, je ne suis pas le roi. Il ne faut pas que je donne l’exemple, moi… Ce qui lui passe par la tête, la petite Antigone, la sale bête, l’entêtée, la mauvaise, et puis on la met dans un coin ou dans un trou. Et c’est bien fait pour elle. Elle n’avait qu’à ne pas désobéir.
Ismène: Allez! Allez!… Tes sourcils joints, ton regard droit devant toi et te voilà lancée sans écouter personne. Ecoute-moi. J’ai raison plus souvent que toi.
Antigone: Je ne veux pas avoir raison.
Ismène: Essaie de comprendre au moins!
Antigone: Comprendre… Vous n’avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu’on ne peut pas toucher à l’eau, à la belle et fuyante eau froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu’on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu’on a dans ses poches au mendiant qu’on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu’à ce qu’on tombe par terre et boire quand on a chaud et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant.
Ismène: Il est plus fort que nous, Antigone. Il est le roi. Et ils pensent tous comme lui dans la ville. Ils sont des milliers et des milliers autour de nous, grouillant dans toutes les rues de Thèbes.
Antigone: Je ne t’écoute pas.
Ismène: Ils nous hueront. Ils nous prendront avec leurs mille bars, leurs mille visages et leur unique regard. Ils nous cracheront à la figure. Et il faudra avancer dans leur haine sur la charrette avec leur odeur et leurs rires jusqu' au supplice. Et là, il y aura les gardes avec leurs têtes d’imbéciles, congestionnés sur leurs cols raides, leurs grosses mains lavées, leur regard de bœuf qu' on sent qu’on pourra toujours crier, essayer de leur faire comprendre, qu' ils vont comme des nègres et qu' ils feront tout ce qu' on leur a dit scrupuleusement, sans savoir si c’est bien ou mal… Et souffrir? Il faudra souffrir, sentir que la douleur monte, quelle est arrivée au point où l’on ne peut plus la supporter; qu'il faudrait qu’elle s’arrête, mais quelle continue pourtant et monte encore, comme une voix aiguë… Oh! Je ne peux pas, je ne peux pas…
Antigone: Comme tu as bien tout pensé!

Questions:
1)      Remplir le tableau suivant (2 points)

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2)      Quels sont les personnages de cette scène? (2points)
3)      Quel est le sujet de leur dialogue? (3points)
4)      Répondre par vrai/faux: (3points)
-          Ismène veut enterrer son frère Éthéocle.
-          Antigone a peur de son oncle Créons.
-          Ismène a persuadé sa source.
5)      Relever du texte une didascalie. (1 point)
6)      Relever du texte deux verbes au présent et deux verbes au passé-composé. (3points)
7)      Lier par une flèche l’élément caractérisé à son caractérisant: (3 points)
8)      Antigone considère l’enterrement de son frère comme un devoir familial. Êtes-vous d’accord? Justifiez. (3points)

9)       
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